Ce week-end exceptionnel de football a logiquement été marqué par des grands moments.

Le duel de titans entre Mahomes et Allen nous a fait regretter le format des prolongations, les kickers se sont montrés décisifs, les têtes de série numéro 1 ont pris la porte et Tom Brady a bien failli réussir un comeback historique.


Patrick Mahomes et Josh Allen

Depuis la finale de conférence AFC de l’année dernière, remportée par les Chiefs sur les Bills (38-24), nous savions que nous allions retrouver ses deux équipes durant les playoffs. Cette saison, le clash a eu lieu un peu plus tôt, et il na pas déçu. Le match a été fou, particulièrement dans les 2 dernières minutes d’un 4ème quart-temps historique, et Kansas City s’est finalement imposé en prolongations.

Pour que ce match prenne une autre dimension, il a fallu un duel épique entre deux jeunes quarterbacks. Patrick Mahomes et Josh Allen se sont rendus coup pour coup pendant toute la rencontre, confirmant (si c’était nécessaire) au passage leurs statuts de nouvelles superstars de ce sport. Mahomes affiche 378 yards et 3 touchdowns dans les airs, ainsi que 69 yards et 1 autre touchdown au sol. Allen finit avec 329 yards et 4 touchdowns à la passe et 68 yards de plus sur des courses.

Chacun des deux quarterback a signé des actions spectaculaires. Patrick Mahomes est allé chercher le 1er touchdown avec ses jambes en plongeant, il nous a rappelé ses qualités spéciales de magicien balle en main avec une passe « sidearm » incroyable, et il a surtout eu besoin de seulement 13 secondes pour permettre à son équipe d’arracher la prolongation. Quant à Josh Allen, il a fait parler sa puissance de bras sur un touchdown de 75 yards qui a parcouru 60 yards dans les airs, et il n’a jamais hésité à aller chercher les yards sur ses courses.

Une rivalité est née entre les Chiefs et les Bills, qui nous ont offert 3 superbes matchs en 1 an. Une rivalité saine, symbolisée par le moment fort partagé par les deux quarterbacks à la fin de la rencontre d’hier. Patrick Mahomes a ainsi laissé la célébrations de côté pendant quelques secondes, pour aller enlacer Josh Allen. Un moment particulier entre deux jeunes stars qui ont tout donné et qui vont continuer de régner sur la NFL dans les années à venir.  


Les règles des prolongations NFL

Le seul regret de ce match épique entre les Chiefs et les Bills, c’est la prolongation, car nous aurions aimé voir Josh Allen pouvoir répondre à Patrick Mahomes. Le QB de Buffalo n’a pas pu toucher le ballon car Kansas City a marqué le touchdown victorieux sur sa première possession. C’est la règle certes, mais c’est frustrant de voir une équipe perdre sur un tirage au sort avec une pièce. Car on savait très bien que l’équipe qui aurait la balle en premier allait avoir un gros avantage. Les défenses étaient usées et les attaques avaient largement pris le dessus.

Mahomes connaît lui-même ce sentiment, car il s’était retrouvé dans la même situation en 2019, lors de la finale de conférence entre les Chiefs et les Patriots. Dans un autre match assez fou, Harrison Butker avait déjà arraché la prolongation, mais cette fois, Tom Brady avait hérité du ballon en premier et New England avait marqué un touchdown.

Faut-il repenser les règles des prolongations NFL ? Surement. Il est en effet préférable pour l’équité et pour le spectacle de laisser les stars sur le terrain décider du sort du match.

Patrick Mahomes - Josh Allen
Patrick Mahomes et Josh Allen, à l’issue de la victoire des Chiefs en prolongation (photo : SI)

Les kickers à l’extérieur

Les 3 premiers matchs de ce Divisional Round ont connu des dénouements similaires, à savoir des victoires à la dernière seconde pour les équipes à l’extérieur, sur des field-goal.

Evan McPherson a ouvert le bal, en donnant la victoire à Cincinnati sur un coup de pied de 52 yards. Le kicker rookie des Bengals n’a pas été intimidé par la pression et l’ambiance du Nissan Stadium, et il a même dit juste avant de tirer : « j’ai l’impression que nous allons en finale de conférence ». Excellent pendant toute la saison, McPherson termine avec un 4/4 au pied, dont 2 tentatives de plus de 50 yards réussies.

Ensuite, c’est un joueur bien plus expérimenté qui a donné la victoire à San Francisco : Robbie Gould. Le kicker de 39 ans n’a pas subi la pression du Lambeau Field et a bravé la neige pour passer son field-goal de 45 yards. Gould reste ainsi parfait dans sa carrière en playoffs, avec un 20/20 sur les field-goals et un 32/32 pour les transformations.

Dimanche, la tendance s’est confirmée lors du match entre les Bucs et les Rams. Après le comeback de Tampa, Matthew Stafford et Cooper Kupp ont réussi à remonter suffisamment le terrain pour donner une chance à Matt Gay. Le kicker de L.A avait raté un field-goal un peu plus tôt, mais il a réussi le plus important pour qualifier son équipe.


La chute des têtes de série numéro 1

Chaque saison la question de l’avantage d’être tête de série numéro 1 revient. Sur le papier, terminer en tête de sa conférence permet d’éviter un match de wild-card et d’avoir l’avantage du terrain ensuite. Mais en réalité, cette semaine sans compétition est-elle un handicap ? Car dans le cas des Packers par exemple, cela faisait 2 semaines sans matchs, et Matt LaFleur avait mis ses titulaires au repos lors de la deuxième mi-temps de la dernière rencontre de la saison face à Detroit. Conséquence ou coïncidence, l’attaque des Packers a galéré samedi et Green Bay s’est fait sortir. Même combat pour Tennessee, avec un match raté offensivement et une élimination prématurée.

C’est finalement assez rare de voir les deux têtes de série numéro 1 se faire sortir dès le Divisional Round, et il faut remonter à 2010 pour trouver la dernière occurrence. Cette année-là, les Patriots avaient perdu face aux Jets dans l’AFC, et les Falcons avaient été éliminé par les Packers.


Le pass-rush des Titans

En règle générale, l’équipe qui affiche 9 sacks sort victorieuse de son match. Mais pas les Titans, qui n’ont pas réussi à capitaliser sur l’énorme effort de la défense.

Face à une ligne offensive poreuse, le pass-rush de Tennessee a dominé de bout en bout, rendant la vie compliquée à Joe Burrow. Jeffery Simmons a mené la charge, en signant 3 des 9 sacks de son équipe. Ce chiffre égale le record NFL sur un match de playoffs. Les Chiefs avaient également signé 9 sacks en 1994, face à Warren Moon et Houston, et ils avaient gagné le match.

Titans 9 sacks
Un record de 9 sacks mais une défaite quand même pour les Titans (photo : NFL)

Les équipes spéciales de Green Bay

Toutes les phases du jeu sont importantes au football américain, encore plus en playoffs. Il ne faut donc pas oublier les équipes spéciales, même quand son quarterback s’appelle Aaron Rodgers. Le problème n’est pas récent pour Green Bay, car les équipes spéciales étaient déjà parmi les pires en 2020. Le renvoi du coordinateur n’a rien changé et la situation s’est même empirée cette saison.

Si les erreurs peuvent être pardonnées ou oubliées durant la saison régulière, elles sont très couteuses en playoffs. Et les Packers en ont fait les frais ce week-end. L’action du match est évidemment le punt contré par les 49ers, sur lequel ils récupèrent la balle et marquent un touchdown pour égaliser. Mais avant ça, Green Bay avait vu un field-goal être bloqué en fin de 1ère mi-temps et Deebo Samuel avait placé un retour de 45 yards sur un retour. Cerise sur le gâteau, Green Bay a terminé le match en n’envoyant que 10 joueurs sur le field-goal victorieux des 49ers… Dans un match où les Packers n’ont pas alloué de touchdown offensif à leur adversaire, ils se sont tirés des balles dans le pied eux-mêmes.


Aaron Rodgers et la malédiction 49ers

Nous sommes en 2005, un jeune Quarterback issu de l’université de California se présente à la Draft. Vu comme l’un des meilleurs joueurs disponible, Aaron Rodgers pensait que les 49ers, sont équipe de cœur, allaient le sélectionner avec le 1er choix. Mais San Francisco décide de prendre Alex Smith, et Rodgers chute jusqu’au 24ème choix, lorsque Green Bay le prend pour préparer l’après Brett Favre. Interrogé juste après la Draft, notamment sur sa déception de ne pas avoir été pris par les 49ers, Aaron Rodgers avait alors répondu « pas autant déçu que les 49ers ne le seront »…

Le QB est devenu une star et l’un des meilleurs joueurs l’histoire de la NFL, et on peut donc dire que San Francisco peut regretter de ne pas l’avoir sélectionné. Cependant, l’histoire personnelle de Rodgers face à son équipe de cœur est contrariée. Car en 4 affrontements en playoffs, il n’a jamais réussi à battre les Niners… Il a encore échoué ce week-end, et une nouvelle saison de MVP est gâchée.

Désormais, les Packers plongent dans une intersaison pleine d’incertitudes, notamment sur le futur de son quarterback. De son côté, Aaron Rodgers est resté vague et mystérieux sur son avenir.


Le comeback vain de Tom Brady

Lorsque les Rams menaient 27-3 dans le 3ème quart-temps dimanche, on pensait qu’ils avaient tué le match. Surement, sauf qu’en face, Tom Brady n’est jamais fini en playoffs. Face au plus gros déficit de sa carrière en playoffs depuis un certains 28-3 face à Atlanta lors du Super Bowl LI, le QB a bien failli s’offrir un nouveau comeback historique. Il l’a même techniquement réussi, puisqu’en profitant des erreurs de L.A, les Bucs sont revenus et ont égaliser à 45 secondes de la fin. 

La défense de Tampa a ensuite annulé tous les efforts pour permettre aux Rams de l’emporter, mais Tom Brady a encore prouvé qu’il ne fallait jamais penser qu’il est mort, même dans des matchs où il ne joue pas bien. A 44 ans, Brady a prouvé qu’il avait encore le niveau avec une de ses meilleures saisons en carrière.