Le premier tour des playoffs NFL, celui des wild-cards, a tenu ses promesses. Les quatre matchs au programme ont été serrés, deux se sont joués en prolongations, et des surprises ont eu lieues. Ainsi, les deux équipes classées 6ème de leurs conférences respectives (Tennessee et Minnesota) se sont imposées, laissant les Patriots et les Saints sur le carreau…


Houston Texans 22 – Buffalo Bills 19

Le film du match

Pour son premier match de playoffs en carrière, Josh Allen entre rapidement en action et la créativité des Bills leur permet de frapper d’entrer. Le QB s’offre d’abord une course de 42 yards, avant de marquer un touchdown sur sa première réception en NFL. Bien en rythme et profitant des errements défensifs de Houston et de nombreux plaquages manqués, Buffalo réussit deux autres longs drives qui amènent des field-goals. De son côté, la défense limite les Texans à seulement 81 yards offensifs, et DeAndre Hopkins n’affiche qu’une seule réception à la suite de laquelle il perd un fumble…

Alors menés 16-0 en début de 3ème quart-temps, les Texans vont se réveiller. L’élément déclencheur est un sack de J.J Watt, de retour pour ce match. Sur le drive suivant, Deshaun Watson prend à son tour les choses en main, en attaque, et marque un touchdown sur une course de 20 yards. Avec la transformation à 2 points, Houston revient à une possession d’écart. Enfin en rythme, les Texans enchaînent et réduisent encore l’écart avec un field-goal, avant de prendre l’avantage sur une réception de Carlos Hyde. Les Bills auront besoin de deux possessions pour forcer une prolongation.

En début de prolongation, les deux équipes sont contraintes de se dégager, ce qui signifie que le premier à marquer des points l’emportera. Et c’est Houston qui sort vainqueur, grâce à Deshaun Watson. Le QB sort une action fantastique, où il échappe à plusieurs défenseurs de Buffalo et finit par trouver un receveur 34 yards plus loin. Dans la foulée, le field-goal est une formalité pour Ka’imi Fairbairn.

Analyse

Pas du tout dans le match en première mi-temps, que ce soit offensivement (81 yards gagnés) ou défensivement, Houston a eu le mérite de corriger le tir et de réussir un superbe comeback. Deshaun Watson est évidemment l’homme du match, et il a montré qu’il pouvait porter son équipe dans les moments importants. La défense des Texans inquiète toujours, et alloue 425 yards à une attaque moyenne des Bills, mais elle a tout de même réussi quelques actions clés en deuxième mi-temps pour faire la différence. Le retour de J.J Watt fait un bien fou devant. Attention donc à ne pas subir de la même façon contre les Chiefs au prochain tour, car Patrick Mahomes et l’attaque de Kansas City leur feront payer bien plus chèrement.

En quête d’une victoire en playoffs depuis 1995, les Bills ne sont pas passés loin. Très sérieux des deux côtés de la balle en première mi-temps, ils regrettent surement de ne pas avoir creusé un écart plus conséquent. Josh Allen a été très bon sur les deux premiers quart-temps, un peu moins ensuite avec notamment quelques décisions douteuses. La défense a également fait son job, avec 7 sacks notamment, mais ça n’a pas été suffisant pour stopper Watson jusqu’au bout. Buffalo s’arrête là, mais les bases sont solides et le futur prometteur.

L’homme du match

Deshaun Watson évidemment. Le QB des Texans a encore prouvé ses qualités de magicien et de leader. C’était déjà le cas à Clemson, où il avait mené des comebacks épiques, et il confirme en NFL dans un match clé. Mal protégé et dos au mur, il a porté son équipe sur ses épaules et termine avec 247 yards et 1 touchdown dans les airs ainsi que 55 yards et 1 autre touchdown au sol. Le duel avec Patrick Mahomes au prochain tour s’annonce alléchant.


New England Patriots 13 – Tennessee Titans 20

Le film du match

Les Patriots débutent le match en étant plutôt performants offensivement, et ils ouvrent le score sur un field-goal. Mais pas impressionnés, les Titans répondent rapidement en allant marquer le premier touchdown du match à la suite d’un drive bien mené. New England ferme ensuite la porte en forçant des punts rapides et en reprenant l’avantage sur la première action du 2ème quart-temps, avec un touchdown de Julian Edelman sur une course. Les Pats ont même l’occasion de prendre 10 points d’avance, mais la défense de Tennessee réussit à tenir bon sur sa ligne en contrant 3 courses. C’est surement l’un des tournants du match. Surtout que sur la dernière possession de la première mi-temps, les Pats n’arrivent pas à arrêter Derrick Henry. Le RB passe la barre des 100 yards et donne l’avantage à son équipe (13-14).

Le 3ème quart-temps ressemble plus à une grande période d’observation, avec deux équipes qui semblent tétanisées par l’enjeu et qui s’échangent des punts. Puis en début de 4ème quart-temps, on pense que la défense de New England va faire la différence lorsque Duron Harmon intercepte une passe forcée de Ryan Tannehill. Hélas, l’attaque des Pats n’en fait rien. Les Titans commencent alors à manger le chrono, et ils le font bien. Tom Brady ne récupère la balle qu’à 15 secondes de la fin, et sur sa propre ligne des 1 yards… Le QB n’ajoutera pas un moment épique à son CV, puisqu’il lance une interception, et Logan Ryan scelle la victoire de Tennessee en marquant.

Analyse

L’attaque explosive et équilibrée des Titans de la deuxième partie de saison n’a pas été aussi flamboyante que lors des semaines précédentes, mais cela a suffi pour marquer suffisamment de points. Derrick Henry a fait mal aux Pats, et cela a permis à Ryan Tannehill de ne pas trop forcer les choses face à la meilleur défense aérienne de NFL cette saison. Le QB s’offre ainsi sa première victoire en playoffs (pour son premier match), en ne lançant que 15 passes (8 réussies pour 72 yards, 1 touchdown et 1 interception). La défense de Tennessee a également joué un gros rôle, notamment sur le « goal line stand » en première mi-temps pour éviter de prendre 10 points de retard.

On n’est pas habitué à voir les Patriots déjà dehors. En effet, pour la première fois depuis 2010, ils sortent avant la finale de conférence AFC… La défense a encore été bonne, notamment dans les airs, mais elle a été usée par Derrick Henry et n’a jamais réussi à trouver une réelle solution contre lui. Mais une fois encore, ce sont les lacunes offensives qui ont fait mal. Tom Brady termine avec 209 yards, pas de touchdown et une interception. Aucun joueur n’a réussi à tirer son équipe vers le haut. La question est maintenant de savoir si la dynastie Patriots est terminée et si le trio Brady / Belichick / McDaniels va exploser ? Ce dernier devrait céder aux propositions pour devenir coach principal. Quant à Brady, il ne semble pas vouloir prendre sa retraite, et il a répété son amour pour les Pats…

Cette victoire de Tennessee porte également le sceau des Patriots. Mike Vrabel est un ancien joueur de New England et a été l’assistant de Bill Belichick. Et Logan Ryan, qui s’offre la pick-6 en fin de match, a remporté un Superbowl avec les Patriots.

L’homme du match

Derrick Henry, qui d’autres ? Le jour de son 26ème anniversaire, Derrick Henry a été le joueur le plus en vue de ce match. Souvent utilisé (34 courses), il gagne 182 yards au sol et ajoute 22 yards sur une réception importante. Il marque également 1 touchdown en fin de première mi-temps pour donner l’avantage à son équipe. Le leader de NFL en yards au sol cette saison est une arme redoutable pour Tennessee, et Mike Vrabel en est conscient. Le coach a montré qu’il n’hésiterait pas à lui confier les clés du camion si besoin.


New Orleans Saints 20 – Minnesota Vikings 26

Le film du match

Ce match ne commence pas très bien pour les Vikings, qui perdent la balle sur un fumble d’Adam Thielen d’entrée. Cela permet à New Orleans d’ouvrir le score avec un field-goal. Après une réponse rapide des Vikings, qui égalisent, les deux équipes s’échangent des politesses et des punts. Les défenses sont solides. Les Saints vont finalement prendre le dessus, avec un touchdown d’Alvin Kamara.  Grâce à un jeu au sol performant, Minnesota marque 3 nouveaux points, puis la défense permet aux Vikings de prendre l’ascendant en fin de première mi-temps. Anthony Harris intercepte une passe de Drew Brees, et Dalvin Cook punit les Saints en marquant. Un field-goal manqué de Wil Lutz conclut une fin de 2ème quart-temps compliqué pour New Orleans, qui est menée 13-10.

Dans le 3ème quart-temps-, l’attaque des Saints est aux abonnés absents, et les Vikings en profitent pour creuser l’écart. Dalvin Cook s’offre un doublé en fin de 3ème quart-temps. New Orleans va enfin trouver un peu de rythme offensivement dans le 4ème quart-temps, notamment grâce à Taysom Hil. Le couteau suisse des Saints fait un peu de tout et réduit l’écart en marquant sur une réception. La défense de Minnesota sert ensuite les rangs, et Danielle Hunter force un fumble de Drew Brees qui permet de conserver l’avantage. Les Saints parviennent malgré tout à égaliser et à arracher la prolongation.

Mais New Orleans ne reverra pas la balle car Kirk Cousins entre alors en action. Le QB réussit notamment une merveille de passe dans la profondeur, réceptionnée par Adam Thielen 53 yards plus loin. Sur l’action suivante, le QB trouve Kyle Rudolph pour le touchdown de la victoire.

Analyse

La défense de Minnesota a sorti un superbe match, et il n’en fallait pas moins pour ralentir Drew Brees et l’attaque de feu des Saints. Le gros travail des pass-rushers est à mettre particulièrement en avant, puisqu’ils y ont pris le dessus sur les linemen des Saints et ainsi mis la pression sur Brees. Everson Griffen et Danielle Hunter s’offrent 1.5 sacks chacun, et le dernier force un fumble clé sur le QB de New Orleans dans le 4ème quart-temps, à un moment où l’attaque des Saints avaient retrouvé des couleurs. Ce gros travail devant a également permis à Anthony Harris de réussir une interception. Pour la première fois de la saison, les Saints perdent 2 fois la balle…Bilan, New Orleans termine avec 20 points de moins que sa moyenne sur le mois de décembre…

Dans un match où les défenses ont été excellentes, des deux côtés, les Saints ont donc connu des difficultés rares en attaque. Drew Brees n’a pas été mauvais (208 yards, 1 TD, 1 INT), mais ses deux pertes de balle font mal et il n’a jamais eu le confort nécessaire pour distribuer le jeu. Il a également du porter l’attaque, car le jeu au sol a été inefficace. Kamara et Murray n’affichent que 21 yards chacun. Taysom Hill a fait du bien par sa polyvalence en fin de match, mais ça n’a pas été suffisant pour faire craquer une équipe de Minnesota bien en place.

L’homme du match

On aurait pu partir dans plusieurs direction ici mais Kirk Cousins mérite un petit peu de louanges. Souvent décrié pour ses « no-show » dans les grands matchs, le QB a prouvé qu’il pouvait faire gagner son équipe en playoffs. Sans être flamboyant (242 yards, 1 TD), Cousins a su réussir les passes importantes et il a pris ses responsabilités en prolongations pour aller gagner le match.


Philadelphia Eagles 9 – Seattle Seahawks 17

Le film du match

A l’image du premier duel entre ces deux équipes, ce match est très fermé d’entrée. Les deux équipes parviennent à faire vivre la balle, mais n’arrivent pas à aller marquer un touchdown. Et alors que Seattle mène 3-0, Carson Wentz doit quitter le terrain après un choc à la tête… Le QB ne reviendra pas et c’est Josh McCown, 40 ans, qui entre. Le QB mène directement Philadelphia à un field-goal. La rencontre va finalement un peu se décanter juste avant la mi-temps, lorsque Marshawn Lynch marque un touchdown en force.

En deuxième mi-temps, les Eagles ont toujours du mal à finir leurs possessions, et doivent se contenter de field-goals. De plus, la défense des Seahawks parvient à les stopper sur 4th down à deux reprises en fin de rencontre. Dans le même temps, Russell Wilson et D.K Metcalf réussissent deux grosses actions qui tuent le match. Sur la première, le QB trouve son receveur pour un touchdown de 53 yards qui fait passer le score à 17-6 en faveur de Seattle. Sur la deuxième, la réception de 36 yards du receveur scelle la victoire de son équipe.

Analyse

Comme souvent cette saison, les Seahawks n’ont pas impressionné mais ils ont fait ce qu’il fallait pour gagner. Russell Wilson a une nouvelle fois montré son talent, en lançant pour 325 yards et 1 touchdown et en terminant leader de son équipe au sol (45 yards). Avec une ligne offensive suspecte et un jeu au sol absent, le QB a encore pris ses responsabilités. Et il a progressivement pris l’avantage sur les lignes secondaires de Philly.

Que c’est dur pour Philadelphia et Carson Wentz. Blessé lors des deux dernières saisons au moment des playoffs, le QB faisait ainsi ses débuts à ce stade de la compétition. Mais hélas pour lui, il ne joue que 2 possessions avant de devoir quitter le terrain, suite à un choc assez violent à la tête. Josh McCown a pris le relais, et le QB de 40 ans a tout donné. Pas suffisant. La défense des Eagles, et notamment Fletcher Cox, a également fait ce qu’elle a pu pour ralentir les Seahawks. Et ça a marché au sol, où les Hawks n’ont rien produit. La pression a également été mise sur Russell Wilson, mais ce dernier sait comment y échapper.

L’homme du match

Russell Wilson a été énorme encore sur cette rencontre, surtout avec une protection douteuse, mais comment ne pas souligner le premier match de playoffs exceptionnelle de D.K Metcalf. Le receveur rookie de Seattle a dominé les lignes secondaires des Eagles, et termine avec 7 réceptions pour 160 yards et 1 touchdown. La défense de Philadelphia avait décidé de se concentrer sur Tyler Lockett, et Metcalf leur a fait payer avec sa puissance, son explosivité et ses « big plays ».  

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