Compétiteur dans l’âme, trash talker avéré, et quarterback talentueux, Philip Rivers aura passé 17 saisons prolifiques en NFL. Numéro 5 dans l’histoire en yards et touchdowns à la passe, il n’aura en revanche jamais réussi à remporter le Super Bowl. Cela lui coutera-t-il une place au Hall of Fame ? Le futur nous le dira. En attendant, nous revenons sur la belle carrière de Rivers, avec son parcours dès le début, ses stats et son caractère bien à lui.


Les débuts

Né à Decatur en Alabama en 1981, Philip Rivers démarre le football américain au lycée, dans l’équipe coachée par son père. Il joue ensuite pour le lycée d’Athens, et porte le numéro 17, qui était celui de son père. Lors de sa saison Senior, son talent commence à se voir et il attire plusieurs universités prestigieuses comme Alabama ou Auburn. Cependant, il préfère choisir North Carolina State, où il a plus de chance d’être titulaire.

En 2000, il débarque à Raleigh et devient le Quarterback numéro 1 des Wolfpacks. Il mène son université à un bilan de 8-4, avec notamment 4 victoires sur des comebacks. Sur sa première année, il affiche 3 054 yards, 25 touchdowns et 10 touchdowns. En 2001, Rivers lance pour 2 586 yards et 16 touchdowns pour 7 interceptions, et NC State termine avec un bilan de 7-4. En 2002, le programme connaît le meilleur départ de son histoire, avec 9 victoires, et termine avec un bilan de 10-3. Lors du Gator Bowl face à Notre Dame, Philip Rivers est élu MVP et les Wolfpacks l’emportent. Sur cette saison, le QB affiche 3 353 yards, 20 touchdowns et 10 interceptions. Lors de sa dernière saison au niveau universitaire, en 2003, Philip Rivers bat des records dans la conférence ACC en lançant pour 4 491 yards et 34 touchdowns (7 INT). Il est élu Meilleur Joueur de l’ACC et remporte le titre de MVP du Tangerine Bowl.

Carrière universitaire – Stats (via sports-reference)

AnnéeUniversitéMatchsYardsTouchdownsInterceptions
2000NC State113 0542510
2001NC State112 586167
2002NC State143 3532010
2003NC State134 491347
  4913 4849534

Une arrivée mouvementée en NFL

Après une belle carrière universitaire, Philip Rivers se présente à la Draft 2004, où il est pressenti pour sortir lors du 1er tour, et même assez haut. Quelques points négatifs interrogent comme sa puissance de bras et son lancé si particulier, légèrement sur le côté. Lors des Mock Draft de l’époque, la majorité des experts le voient chez les Pittsburgh Steelers, qui avaient le 11ème choix.

Cette année-là, le 1er choix de Draft est en possession des Chargers. La franchise de San Diego visait alors Eli Manning, mais ce dernier avait indiqué qu’il ne voulait pas jouer pour cette équipe… Le plan B pour les Chargers était Philip Rivers. L’équipe a alors monté un trade avec les Giants, envoyant Manning à New York, et récupérant Rivers et d’autres compensations. La Draft 2004 restera l’une des plus remarquable pour les Quarterback, puisqu’un certains Ben Roethlisberger a également été pris au 1er tour.

Philip Rivers et Drew Brees
Philip Rivers et Drew Brees chez les Chargers (photo : San Diego Union-Tribune)

Lors de ses 2 premières saisons en NFL, Philip Rivers n’est pas le Quarterback numéro 1 de la franchise. En 2004, il est le 3ème choix, derrière Drew Brees et Doug Flutie. Le titulaire, Drew Brees, joue très bien et termine Pro Bowler. L’année suivante, Rivers est le backup de Brees. Il fera ses débuts lors du dernier match de saison régulière, après la sortie sur blessure de son coéquipier. Il lance pour 115 yards et 1 interception.

Une longévité remarquable

Inquiet après la grosse blessure de Drew Brees, les Chargers ne conservent pas leur Quarterback, qui signe chez les Saints. On sait tous comment cela s’est terminé… Philip Rivers est nommé titulaire en 2006 et il ne quittera pas le terrain jusqu’à son dernier match en NFL. Le QB n’aura en effet raté aucun match, soit 252 titularisations consécutives. Seul Brett Favre (297) a fait mieux.

Ses premières saisons sont excellentes et les Chargers sont des prétendants sérieux au Super Bowl. En 2006, Rivers est Pro Bowler et mène l’équipe à un bilan de 14-2. Hélas, San Diego chute en demi-finales de conférence face aux Patriots. La saison suivante, les Chargers retrouvent New England, en finale de conférence cette fois. Rivers joue le match malgré une blessure au genou (rupture des ligaments croisés et du ménisque…), mais s’incline encore. Des désillusions qui se répètent lors des deux saisons suivantes, en demi-finale de conférence à chaque fois, face aux Steelers puis aux Jets.

Après 4 ans au sommet de la division AFC West, les Chargers régressent un peu et ne participent pas aux playoffs pendant 3 ans. Philip Rivers reste performant, menant notamment la ligue en yards en 2010 (4 710), et étant Pro Bowler en 2010 et 2011.

En 2013, l’arrivée de Mike McCoy relance l’équipe et fait du bien à Philip Rivers. Il termine avec le meilleur taux de réussie de passes en NFL et participe à son 5ème Pro Bowl. Les Chargers retrouvent les playoffs mais chutent face aux rivaux Broncos en demi-finale de conférence. Rivers est élu Comeback Player of the Year en fin de saison. L’équipe ne parvient pas à relancer une période de succès et les saisons 2015 et 2016 sont même très compliquées.

Avec Anthony Lynn comme coach, Philip Rivers jouera une fois les Playoffs, en 2018, année où il participe à son 8ème et dernier Pro Bowl. Une fois encore, la route s’arrête en demi-finale de conférence, et face aux Patriots de Tom Brady. Après une dernière saison chez les Chargers, le QB et sa franchise décident de se séparer. Rivers signe alors chez les Colts pour une dernière année en NFL. Grâce à une 12ème saison à plus de 4 000 yards, il emmené Indianapolis en playoffs. Battu dès le premier tour, par Buffalo, il annonce ensuite la fin de sa carrière.

Carrière en NFL – Stats (via pro-football-reference)

Matchs joués (playoffs incluses)

  • 252 / 235 avec les Chargers. 17 avec les Colts.

Bilan en saison régulière

  • 134-106 / 123-101 avec les Chargers. 11-5 avec les Colts.

Bilan en Playoffs

  • 5-7 / 5-6 avec les Chargers. 0-1 avec les Colts

Stats en saison régulière

  • 63 440 yards (5ème dans l’histoire)
  • 421 touchdowns (5ème dans l’histoire)
  • 209 interceptions
  • 64.9% de passes réussies
  • 95.2 QB rate (12ème dans l’histoire)

Stats en Playoffs

  • 2 965 yards
  • 16 touchdowns
  • 10 interceptions
  • 59.4% de passes réussies
  • 85.3 QB rate

1x Comeback Player of the Year (2013)

8x Pro Bowls

Philip Rivers, le “trash talker”

Pour avoir vu plusieurs fois Philip Rivers de près, notamment en conférence de presse à Londres, je garde cette image d’un homme qui appréciait s’exprimer devant les journalistes et qui avait toujours quelques bons mots. Surtout lorsqu’il gagnait. Son style, américain à 100%, avec la chemise à carreaux et le chino beige trop grand, allait avec sa vie plutôt classique et rangée. Catholique très pratiquant et père de 9 enfants, il a souvent utilisé sa notoriété pour aider les autres. Sa fondation, Rivers of Hope Foundation, allait dans ce sens.

Philip Rivers trask talk
Philip Rivers, un gros caractère sur un terrain de football (photo : Press-Enterprise)

Mais derrière cet homme simple, il y a un des caractères les plus forts de NFL. Un Quarterback compétitif, râleur et chambreur. On pouvait passer un match avec une caméra seulement sur Philip Rivers et passer un excellent moment. On le voyait ainsi s’énerver sur un coéquipier qui n’avait pas attrapé une balle ou qui avait suivi une mauvaise route. On l’entendait pester contre les arbitres, parfois même les poursuivre, car il n’était pas d’accord avec la décision. Et on l’observait parler et chambrer ses adversaires après une belle action ou un touchdown.

Dans son annonce de retraite, Philip Rivers remercie les Chargers, les Colts, ses coéquipiers, sa famille, mais également les arbitres. Mais jusqu’au bout il aura été fidèle à lui-même, et ajoutant qu’il « avait raison dans la majorité des cas » … Une sortie qui illustre le joueur qu’il était.

Nous lui souhaitons évidemment bonne chance dans sa prochaine aventure, celle de coach au lycée. En espérant le revoir un jour en NFL, dans une autre position. On ne sait pas s’il sera un jour au Hall of Fame, mais il restera dans nos esprits pour longtemps. Bon vent Philip, et merci.