Les playoffs sont lancées et bien lancées. La hiérarchie a globalement été respectée sur ce premier tour, puisque toutes les têtes de série sauf une ont gagné. L’exception est Dallas, battu à domicile par les 49ers. Dans les autres matchs de Wild-Card, les Bills, les Bucs, les Chiefs et les Rams ont dominé, tandis que les Bengals ont mis fin à 31 ans sans victoire en playoffs.


Cincinnati Bengals 26 – Las Vegas Raiders 19

  • Ils n’étaient pas nés lors de la dernière victoire en playoffs des Bengals, mais Joe Burrow et Ja’Marr Chase n’ont pas semblé affecté par la pression qui entourait la franchise et la ville de Cincinnati. Le QB est apparu détendu dès le début du match, avec un premier drive rondement mené qui débouche sur un touchdown, et le WR a rapidement été très en vue. Burrow termine ce match avec 244 yards et 2 touchdowns, tandis que Chase affiche 9 réceptions pour 116 yards. Comme ils l’ont fait à LSU, le duo a dominé et gagné. Deux ans après avoir drafté leur QB avec le 1er choix, les Bengals sont de nouveau vainqueurs en playoffs.
  • L’autre raison du retour sur le devant de la scène de Cincinnati, c’est une bonne gestion durant l’intersaison. La franchise a bien recruté, et cela s’est ressenti durant toute la saison régulière et encore samedi. Ainsi, les Bengals ont pu prendre 10 points d’avance dans le 1er quart-temps, grâce à un fumble forcé par Trey Hendrickson et récupéré par Larry Ogunjobi. Et l’absence des deux joueurs, sortis sur blessures pendant le match, a encore plus prouvé l’apport qu’ils ont sur la ligne défensive, qui a plus souffert sur la fin.
  • Ils ne devaient pas être en playoffs. Ils ne devaient pas avoir une chance de gagner ce match. Et pourtant, à chaque fois, les Raiders sont là jusqu’au bout et ne lâchent jamais. Derek Carr a ainsi eu la balle en main, en redzone, pour arracher la prolongation, mais le QB se fait intercepter sur 4th down, à 17 secondes de la fin. Il termine avec 310 yards et 1 touchdowns, et a encore été combatif. Ce qui a permis à Las Vegas de rester dans ce match, c’est la défense dans les moments clés, en forçant des field-goals plutôt que des touchdowns. Et pourtant, c’était le point faible de cette équipe, bonne dernière de NFL en ce qui concerne la défense en redzone, et même la pire depuis 30 ans en NFL.
  • Cette rencontre nous a offert un joli duel entre deux des meilleurs kickers de la ligue cette saison. Evan McPherson pour Cincy et Daniel Carlson pour Vegas ont ainsi fait un 100% au pied, avec notamment 4 field-goals chacun.
  • C’est donc fait, les Bengals mettent fin à 31 ans sans victoire en playoffs, ce qui était la plus longue période de disette dans les 4 sports majeurs américains. Le Paul Brown Stadium affichait une affluence record, les fans étaient bruyants, et ils ont pu célébrer.

Buffalo Bills 47 – New England Patriots 17

  • Difficile de faire mieux que la performance offensive des Bills samedi. Concentrés et efficaces dès le début, ils ont joué un match presque parfait et ont dominé une des meilleures défenses de la ligue. Cela a débuté avec deux longs drives qui ont donné la tendance, sur lesquels Josh Allen a fait des différences dans les airs et au sol. Et à chaque fois, c’est Dawson Knox qui a marqué. Entre ces deux possessions, il y a également eu l’un des tournants de la rencontre, sur une superbe interception de Micah Hyde pour éviter un touchdown des Pats. Ensuite les Bills ont déroulé, en marquant 7 touchdowns sur 7 possessions. Devin Singletary (81 yards) s’est offert un doublé, et même un lineman a participé à la fête. Buffalo est la première équipe de l’histoire à afficher 7 touchdowns, 0 punt et 0 perte de balle en playoffs.
  • Lors du premier affrontement entre les deux équipes, le blizzard avait rendu les choses compliquées pour Josh Allen. Le QB des Bills s’étaient rattrapé avec un gros match à Foxborough, et il a de nouveau été excellent ce week-end dans le froid polaire de Buffalo (-15 degrés au coup d’envoi). Son talent a éclaboussé ce match, avec des passes précises, des timing impeccables et des courses tranchantes. Il termine avec plus de touchdowns (5) que de passes manquées (4) et totalise 374 yards (308 à la passe, 66 au sol). Buffalo est une équipe complète et équilibrée, et c’est ce qui fait sa force, mais Josh Allen fait partie de ces joueurs qui peuvent faire la différence.
  • Aussi impressionnants qu’étonnants sur leur série de 7 victoires, les Patriots étaient surement en surchauffe à ce moment. Et les derniers matchs de la saison régulière ont montré une équipe à bout de souffle, sentiment qui s’est confirmé samedi. Le plus étonnant a été de voir cette défense, pourtant si solide tout au long de la saison, prendre l’eau sous les assauts de Josh Allen et de l’attaque des Bills. Quant à Mac Jones, il n’a pas démérité (232 yards, 2 TD, 2 INT) mais il a vu le travail qu’il avait encore à faire pour être compétitif en playoffs. La défaite est lourde mais l’expérience acquise est précieuse.
  • C’est la plus lourde défaite en playoffs pour la franchise avec Bill Belichick. Et il faut remonter à 1963 pour voir les Patriots encaissé plus de points : 51 en 1963 lors d’une défaite des Boston Patriots en finale de l’AFL.
Bills vs Patriots
Josh Allen est l’attaque des Bills nous ont offert une démonstration (photo : USATSI)

Tampa Bay Buccaneers 31 – Philadelphia Eagles 15

  • Il n’y a pas eu match en Florida, avec une domination complète des Buccaneers, sur toutes les phases du jeu. Offensivement, Tampa devait faire sans de nombreux titulaires, puisque Chris Godwin, Leonard Fournette et Ronald Jones étaient absents. Mais Tom Brady connaît mieux que personne les playoffs, et il n’y avait aucune raison de paniquer. Il s’est offert un match tranquille, avec 271 yards et 2 touchdowns, en s’appuyant sur Mike Evans (9 réceptions, 117 yards, 1 TD), et Rob Gronkowski (31 yards, 1 TD).
  • L’autre satisfaction de la journée pour les Bucs, c’est la grosse performance de la défense, qui avait été clé lors du titre de l’année dernière. Particulièrement solides au sol, notamment en 1ère mi-temps, où ils n’ont alloué que 35 yards à Philly (dont 32 via Jalen Hurts). Rappelons que les Eagles arrivaient comme équipe numéro 1 de NFL dans ce secteur.  Les retours de Shaquil Barrett, Jason Pierre-Paul et Lavonte David, tous les trois absents depuis plusieurs matchs, ont fait du bien. Et la solidité du front-seven a permis de libérer les lignes secondaires, avec notamment des très bons matchs des Safeties Jordan Whitehead et Mike Edwards. Ce dernier s’est notamment offert une superbe interception pour éviter un touchdown.
  • Les deux touchdowns en fin de match n’ont fait que changer l’écart, mais pas la perception globale de ce match. Les Eagles ont été dominé, et l’inexpérience de l’attaque s’est très clairement notée. Pas dans le rythme au début, elle affichait seulement 12 yards de gain avec 9 minutes à jouer dans le 2ème quart-temps, alors que Tampa avait déjà marqué 17 points… Jalen Hurts a beaucoup souffert pour son premier match de playoffs, se montrant notamment peu précis sur ses passes longues. Il termine avec 271 yards, 1 touchdown et 2 interceptions. On a également trop peu vu DeVonta Smith (60 yards) pendant une grande partie de la rencontre.
  • Mais ce n’est pas la seule raison de la large défaite, car les équipes spéciales n’ont pas aidé. Plusieurs punts manqués ont offert des positions de départ confortables à Tom Brady, et Jalen Reagor était à côté de la plaque. Le WR peine à assumer son choix au 1er tour de la Draft 2020, et son ballon perdu sur un punt mal négocié a enfoncé son équipe. Philadelphia affiche un bilan de 0-7 cette saison face à des équipes en playoffs.
Bucs vs Eagles
La défense de Tampa s’est rapidement mise en mode playoffs (photo : Buccaneers)

Dallas Cowboys 17 – San Francisco 49ers 23

  • En contrôle pendant 3 quart-temps, les 49ers se sont fait peur sur la fin, et il a fallu attendre un dénouement assez fou pour valider la victoire. Tout avait bien commencé pour San Francisco, avec un formidable premier drive, sur lequel l’attaque enchaîné 4 actions à plus de 10 yards puis l’ouverture du score d’Elijah Mitchell au sol. Grâce à 3 field-goals de Robbie Gould, dont deux de plus de 50 yards, les Niners conservent 9 points de marge à la mi-temps. Une avance qui va grimper après un touchdown de Deebo Samuel, qui sanctionne une interception lancée par Dak Prescott. Et c’est une autre interception, de Jimmy Garoppolo (172 yards) à moins de 10 minutes de la fin, qui va faire douter San Francisco. Les erreurs se sont accumulées et cela a permis à Dallas de revenir dans le match. Heureusement pour eux, Dak Prescott n’est pas parvenu pas à compléter le comeback.
  • Le début de match a été raté par les Cowboys, qui ont laissé les 49ers avancer et qui ont peu produit de jeu en attaque. En début de 2ème quart-temps, San Francisco affichait 9 first-downs alors que Dallas avait joué 8 actions et gagné 7 yards… C’est finalement en forçant une perte de balle, une spécialité maison (leader de NFL cette saison), que les locaux se sont remis dans le match. Dak Prescott (254 yards, 1 TD, 1 INT) a eu la balle pour aller gagner, mais un peu trop tard.  
  • Comme trop souvent cette saison, les Cowboys se sont ralentis à cause de nombreuses pénalités. Equipe la plus sanctionnée de NFL, ils ont honoré leur réputation avec 14 pénalités (89 yards) dimanche. Des pénalités qui ont allongé les distances et qui ont forcé l’attaque à prendre plus de risque, comme sur l’interception de Prescott. Ou des pénalités sur 3rd down, qui ont facilité la vie de la défense des Niners.
  • Fraichement sélectionné dans l’équipe All-Pro de la saison, Deebo Samuel a montré pourquoi face à Dallas. Plutôt discret dans les airs (3 réceptions, 38 yards), il a de nouveau été électrique et décisif avec ses courses. Il affiche ainsi plus de 7 yards de gain en moyenne sur ses 10 courses, et son touchdown incarne ce qu’il sait faire de mieux : casser des plaquages et étendre les actions. Les qualités de Samuel permettent à Kyle Shanahan d’exprimer sa créativité.
Cowboys vs 49ers
Deebo Samuel a encore fait parler sa polyvalence et son explosivité (photo : Ron Chenoy-USA TODAY Sports)

Kansas City Chiefs 42 – Pittsburgh Steelers 21

  • Déjà pulvérisés par Kansas City il y a quelques semaines, les Steelers ont encore pris un éclat dimanche. Mais contrairement au match de saison régulière, ils ont su gêner les Chiefs en début de rencontre. C’est d’ailleurs Pittsburgh qui marque le premier touchdown du match, grâce à la défense. Le pass-rusher s’illustre d’abord en provoquant une interception juste après la vraie première grosse action positive de Kansas City (retour de punt de 55 yards de Mecole Hardman). Puis sur la possession suivante, Watt récupère un fumble et marque 6 points. Le défenseur des Steelers est le favori pour le trophée de Meilleur Défenseur, et il sort sur une bonne note personnelle.
  • Le problème est que la défense n’a pas pu tenir très longtemps, et ce touchdown a réveillé Patrick Mahomes. L’attaque des Chiefs a ainsi retrouvé son explosivité, pour marquer 35 points consécutifs et tuer le match. Impeccable, le QB affiche 404 yards (30/39) et 5 touchdowns. Kansas City a même eu le temps de tester son playbook sur la fin, avec un touchdown pour un lineman et même une passe de touchdown lancée par le TE Travis Kelce.
  • Sans Clyde Edwards-Helaire, et avec un Darrel Williams diminué, les Chiefs ont décidé de se tourner vers Jerick McKinnon sur cette rencontre. Et le RB passé par Minnesota et San Francisco a répondu présent avec 61 yards au sol et 81 yards ainsi qu’1 touchdown au sol. Le WR Byron Pringle s’offre lui un doublé, démontrant ainsi la belle profondeur de l’attaque de Kansas City.
  • Encore une fois, l’attaque de Pittsburgh a peiné à produire du jeu. Cela a été particulièrement vrai en 1ère mi-temps, avec 7 punts en 7 possessions et un maximum de 20 yards gagnés sur la meilleure possession. Najee Harris a ensuite perdu son 1er fumble en carrière en début de 3ème quart-temps. Big Ben termine ce qui est surement son dernier match avec 215 yards et 2 touchdowns. Les Steelers ont réussi à accrocher une place en playoffs, mais le niveau était trop haut pour qu’ils existent.  
Chiefs vs Steelers
Grosse impression pour Patrick Mahomes et les Chiefs sur ce premier tour (photo : AP)

Los Angeles Rams 34 – Arizona Cardinals 11

  • On parlait des stars et des recrues des Rams lors de la preview, et elles ont été au rendez-vous sur ce premier match de playoffs. En défense, Von Miller a rapidement signé un sack, et Aaron Donald n’a pas mis longtemps à l’imiter. En attaque, Odell Beckham Jr s’est illustré, avec son premier touchdown en playoffs pour ouvrir le score et même une passe de 40 yards en 2ème mi-temps. Discret en 1ère mi-temps, Cooper Kupp y est également allé de son touchdown. Le retour de Cam Akers a également fait du bien à l’attaque de L.A, permettant à Sean McVay d’installer son jeu au sol. Cela a rendu la vie plus facile à Matthew Stafford, qui signe un match propre (13/17) et efficace (224 yards, 3 TD au total).
  • Soirée cauchemardesque pour les Cardinals, qui ont été submergé dès le début de la rencontre. Sur leurs 4 premières possessions, dans le 1er quart-temps, ils font quatre 3&out et affichent -4 yards, alors que les Rams comptent déjà 14 points. La suite ne va rien arranger, avec 2 interceptions lancées par Kyler Murray. Sur la première, il prend une décision horrible en voulant éviter d’encaisser un Safety mais lance une pick-6 à la place… Jamais à l’aise, Kyler Murray a montré son inexpérience à ce niveau de la compétition (1er match) et termine avec 137 yards et 2 interceptions. Une dernière stats pour montrer l’inefficacité d’Arizona : l’attaque a joué sa première action dans le camp de Los Angeles avec 6 minutes 30 à jouer dans le 3ème quart-temps…
  • Petite particularité de cet affrontement, il y avait 2 des 3 joueurs à avoir remporter 3 trophée de Meilleur Défenseur de NFL : Aaron Donald et J.J Watt (l’autre étant Lawrence Taylor). Watt faisait son retour après une absence prolongée due à une grosse blessure à l’épaule subie en octobre. Il n’a pas pu empêcher le naufrage des Cards et a bien résumé la situation en disant que cette élimination était « un énorme échec ». Quant à Donald, il a fait son chantier habituel et a aidé à mettre un chaos régulier sur le backfield et la pocket d’Arizona.
  • Un petit mot sur Budda Baker, qui a quitté le stade dans une ambulance après un violent choc à la tête sur un contact avec Cam Akers. La franchise d’Arizona a rapidement rassuré sur son état en disant que « tous ses membres répondaient ». Puis ce matin, le Safety a donné des nouvelles positive sur ses réseaux, en twittant notamment « merci à tous pour les prières, je vais bien ».
Rams vs Cardinals
Première victoire en playoffs pour Matthew Stafford et Odell Beckham Jr, deux des recrues phares des Rams (photo : USATSI)