Une semaine après avoir vécu le plus beau Divisional Round de l’histoire, nous en demandions encore. Et les Dieux de la NFL nous ont répondu favorablement avec des finales de conférences intenses et indécises. D’abord, les Bengals ont réussi un comeback de 18 points pour arracher la victoire en prolongation à Kansas City. Puis les Rams ont remonté un déficit de 10 points dans le 4ème quart-temps pour enfin se défaire des 49ers. Nous aurons donc un Super Bowl entre Cincinnati et Los Angeles dans 2 semaines.

En attendant la finale, retour sur les joueurs, les coachs et les moments importants qui ont marqué les finales de conférences.


Joe Burrow et son sang froid

Quelque soit l’adversité, Joe Burrow ne semble jamais paniquer. On ne va pas encore le comparer à Joe Montana, mais le retour du surnom « Joe Cool » n’est pas usurpé pour le jeune quarterback des Bengals.

Mal protégé par sa ligne offensive toute la saison, il a réussi à surmonter 9 sacks lors du tour précédent à Tennessee. En finale de conférence, il a encore été mis sous pression régulièrement, mais il n’a été sacké qu’une seule fois. La raison majeure est son calme dans sa pocket et sa capacité à lancer très vite la balle. Burrow a également montré sa mobilité en échappant plusieurs fois aux défenseurs de Kansas City pour prolonger les possessions. Burrow termine cette rencontre avec 250 yards dans les airs, 25 au sol, 2 touchdowns et 1 interception.

Si vous avez suivi Joe Burrow au niveau universitaire, vous ne découvrez pas la confiance et le calme du QB dans les grands moments. Car il est invaincu en playoffs avec LSU comme avec Cincinnati… En 7 matchs, tous remportés donc, il affiche bien plus de 300 yards de moyenne et 24 touchdowns. Désormais, il a l’occasion de briller sur la plus grande des scènes, celle du Super Bowl…


Matthew Stafford et sa revanche à l’ouest

Lors de son transfert et de son arrivée à Los Angeles, Matthew Stafford était vu comme un QB prolifique, mais qui n’avait jamais réussi à faire gagner son équipe en playoffs (0-3 avec les Lions). Ses défenseurs pointaient du doigt Detroit plus que le QB, mais il avait tout à prouver en changeant d’air. En arrivant En Californie, Stafford a rapidement repris ses bonnes habitudes en étant un passeur prolifique. Et quelques années après avoir été le QB de la saison la plus prolifique pour un WR (Calvin Johnson), il a été le QB de la numéro 2 (Cooper Kupp). Mais c’est en playoffs qu’il était attendu, et la pression était encore plus importante car les Rams ont beaucoup investi pour aller au bout.

Moins bien sur la fin de la saison régulière, avec notamment trop de pertes de balle, Stafford s’est parfaitement ressaisi en playoffs. Il a débuté par un match maîtrisé face aux Cardinals en Wild-Card (13/17, 202 yards, 2 TD), puis il enchaîné avec une très grosse performance contre Tampa lors du Divisional Round (28/38, 366 yards, 2 TD). Dimanche en finale de conférence, il a certes lancé 1 interception tôt dans le match, mais il a déroulé ensuite. Il lance ainsi pour 337 yards (31/45) et 2 touchdowns pour Cooper Kupp. Sa relation avec Kupp est incroyable, et celle avec Odell Beckham Jr (113 yards face aux 49ers) ne fait que s’améliorer.

S’il remporte le Super Bowl dans 2 semaines, Matthew Stafford justifiera le gros investissement fait sur lui par la franchise, et il fera taire les critiques sur ses performances en playoffs.


Dr Patrick et Mister Mahomes

Comment expliquer la différence de niveau de Patrick Mahomes et de l’attaque des Chiefs entre la 1ère et la 2ème mi-temps ?

Sur les 2 premiers quart-temps, rien ne semblait pouvoir les arrêter, avec 4 possessions de plus 70 yards et 3 touchdowns à la clé. Patrick Mahomes, en feu, affichait 220 yards et 3 touchdowns pour seulement 3 passes manquées…

Mais en 2ème mi-temps, plus rien. Mahomes réussit moins de 50% de ses passes (8/17), pour seulement 55 yards. Et il se fait également intercepter 1 fois, puis une deuxième en prolongation. Tout n’est pas sa faute, car les choix d’Andy Reid dans certaines situations peuvent être discutés, mais il n’a pas semblé savoir s’adapter aux changements défensifs de Cincinnati. Les Bengals ont renforcé la couverture pour éviter les longues passes et Mahomes a trop souvent essayé de trop en faire.


L’effet du coach Sean McVay

Lorsque les Rams ont nommé Sean McVay en 2017, il était le plus jeune coach de NFL (30 ans). Ses idées novatrices avaient rapidement fonctionné et il avait redressé la franchise. Et dès sa deuxième saison, les Rams jouaient le Super Bowl (perdu face aux Pats). Il est ainsi devenu l’un des noms à la mode, et son staff a attiré de nombreuses franchises. Son coordinateur offensif, Matt LaFleur est parti pour Green Bay en 2019, et son coordinateur défensif Brandon Staley a rejoint les Chargers l’année dernière.

Sean McVay
Sean McVay va jouer son 2ème Super Bowl comme coach des Rams (photo : NBC Sports)

Mais un autre coach assistant de McVay avait été au centre d’un choix plus étonnant en 2019, celui de Zac Taylor par les Bengals. Ce dernier était le coach des Quarterbacks chez les Rams et très peu expérimenté. Les résultats n’ont pas tout de suite été au rendez-vous, avec 2 premières saisons négatives, et le poste de Taylor était menacé avant cette saison. Quelques mois plus tard, le voici au Super Bowl face à son ancien boss…  


L’excès de confiance des Chiefs

Parfois, il faut savoir prendre moins pour gagner plus. C’est ce que les Chiefs ont appris à leurs dépends dimanche. En pleine confiance après une 1ère mi-temps de grande qualité, l’attaque de Kansas City a l’occasion de rajouter des points juste avant la pause. Devant l’en-but des Bengals, les Chiefs ont une dernière action à jouer, mais plutôt que de prendre les 3 points et de rentrer aux vestiaires avec 14 points d’avance, ils décident de tenter le coup pour un touchdown. Cela ne fonctionne pas et quand on connaît le scénario, ces 3 points auraient pu faire du bien…

Mauvaise décision, mauvais choix dans le design de l’action et mauvaise exécution, et si le début du comeback des Bengals était en fait ce moment précis ?


Les receveurs, très en vue ce week-end

Il paraît que la NFL est une ligue de quarterbacks… Et même si certaines équipes continuent de jouer au sol, comme San Francisco, on ne peut que constater que les grosses performances ont eu lieu dans les airs dans ces matchs couperets. On a déjà parlé des quarterbacks, mais à l’autre bout de la passe, il y a un receveur.

A Cincinnati, c’est le Burrow & Chase show qui fait vibrer tout le monde cette année, mais un autre WR des Bengals est énorme sans faire les gros titres. Son nom est Tee Higgins et il joue sa 2ème année en NFL. Pendant que Chase battait des records rookies, lui faisait ses matchs et il a terminé la saison avec plus de 1 000 yards en toute détente, presque dans l’anonymat. Tout le monde attendait un nouveau gros match de Ja’Marr Chase dimanche (il avait signé 266 yards et 3 TD lors de la Week 17), mais il a été discret en 1ère mi-temps avant de se montrer ensuite, et il termine avec 54 yards et 1 touchdown. Et lorsque l’on ne voyait pas Chase, c’est Tee Higgins qui a pris ses responsabilités. Le WR a signé 6 réceptions pour 103 yards, dont plusieurs très importantes pour faire avancer son équipe. Le conclusion est que l’attaque de Cincy va bien au-delà du duo Burrow – Chase.

Dans l’autre match, nous avons eu des confirmations, sur deux des meilleurs joueurs de la saison. Pour les Rams, Cooper Kupp a une nouvelle fois dominé, avec 11 réceptions, 142 yards et 2 touchdowns. Ingérable, il est capable de battre les défenses où qu’il soit aligné, dans le jeu court comme dans la profondeur. Et sur ce match, il a bien été épaulé par Odell Beckham Jr, qui signe son premier match à plus de 100 yards avec Los Angeles. En face, Deebo Samuel a encore été très dangereux par sa capacité à se créer des « big plays ». Il totalise 98 yards (dont 72 dans les airs) et marque un superbe touchdown de 44 yards sur lequel il transforme une « screen pass » en action explosive.


Les mains savonneuses de Jaquiski Tartt

Evidemment, une action ne définit pas un match, et un joueur n’est pas responsable d’un résultat. Mais sur des chocs très disputés comme sur une finale de conférence, les détails comptent et certains faits de matchs peuvent avoir une grande incidence.

C’est le cas d’une opportunité manquée par Jaquiski Tartt. Il reste 9 minute 47 à jouer lors de la finale de conférence NFC, et les 49ers mènent de 3 points. Matthew Stafford cherche la profondeur, mais le QB des Rams ne met pas assez de puissance dans sa passe. Bien placé, Jaquiski Tartt ouvre les bras pour signer une interception facile, mais le Safety négocie mal le ballon qui lui échappe… Sur l’action suivante, Odell Beckham Jr gagne 45 yards grâce à une réception et une pénalité, et les Rams égalisent un peu plus tard…

Même en cas d’interception sur cette action, les Rams auraient peut-être réussi à revenir, mais les 49ers auraient été dans un plus grand confort pour aborder la fin du match.


La pièce du pile ou face

Il y a une semaine, beaucoup de débats ont surgi sur le format des prolongations. Le constat était simple, l’équipe qui gagne le « toss » remporte en général le match. Sur 11 matchs de playoffs qui s’étaient terminés en prolongation, 10 avaient tourné en faveur de l’équipe qui avait la balle en premier. Une stats qui s’était confirmée lors du tour précédent, lorsque les Chiefs ont remporté le « toss » car Patrick Mahomes est allé au bout et Josh Allen n’a pas touché le ballon.

Alors quand Kansas City a de nouveau eu la balle en main pour débuter la prolongation dimanche, on pensait que le sort du match était jeté. Mais cette fois, le QB n’a pas lancé un touchdown mais une interception, et les Bengals sont allés remporter le match. Même le choix d’une pièce ne pouvait pas lutter face à la volonté de cette équipe.