Plus que quelques jours à patienter avant le Super Bowl LVI. Profitons-en pour entrer en détail dans cette finale et pour analyser les deux effectifs. Même si elles peuvent se ressembler, chaque équipe possède ses forces et ses faiblesses, et nous allons tenter d’identifier quels groupes peuvent avoir l’avantage sur ce match.


Quarterbacks

Honnêtement, les deux quarterbacks qui vont s’affronter dimanche jouent à très haut niveau depuis le début des playoffs. C’est donc plus une question de style qu’autre chose si vous préférez l’un des deux actuellement.

Joe Burrow s’est fortement chauffé sur la fin de la saison régulière, aidant les Bengals à aller chercher le titre de division AFC North grâce à plusieurs énormes performances. Il a confirmé son ascension en playoffs, avec 3 matchs très convaincants. Il reste ainsi sur une victoire à Nashville dans un match où il s’est pris 9 sacks, puis sur un comeback à Kansas City pour prendre le meilleur sur le QB référence de l’AFC Patrick Mahomes. Prolifique, calme, précis dans la profondeur, Burrow a tout ce qu’il faut pour s’imposer comme l’une des stars du futur en NFL. Et une victoire lors du Super Bowl ne ferait qu’accélérer ce statut.

Matthew Stafford a connu une baisse de régime sur la deuxième partie de saison, après un départ très convaincant qui le plaçait dans la course pour le trophée de MVP. Mais depuis le début des playoffs, le QB des Rams a haussé le niveau de jeu. Il affiche ainsi 72% de passes réussies, et 6 touchdowns pour seulement 1 interception en 3 matchs de playoffs. Il reste également sur un beau comeback dans le 4ème quart-temps face aux 49ers, une spécialité pour lui car il est l’une des références (actives) en NFL dans ce domaine. Après de longues années de frustration à Detroit, Stafford à l’occasion de faire taire ses critiques dès sa première saison à Los Angeles.

Verdict : match nul


Running-backs

Sur le backfield, l’approche sera différente pour les deux équipes. Les Bengals ont un vrai RB numéro 1 en Joe Mixon, qui peut jouer sur toutes les phases, tandis que les Rams vont probablement partager les tâches entre Cam Akers et Sony Michel.

Le meilleur RB sur le terrain sera Joe Mixon, qui est l’une des références dans l’AFC depuis plusieurs saisons. Parfois un peu oublié du fait des performances du jeu aérien, il a tout de même gagné 1 205 yards et marqué 13 fois au sol cette saison. Et il a également pris une nouvelle dimension dans le jeu de passes, avec 314 yards et 3 touchdowns de plus. Son efficacité est un peu moins bonne sur la deuxième partie de la saison, mais il reste sur 2 matchs à plus de 100 yards au total et il s’était offert un doublé face aux Titans.

Sérieusement blessé avant la saison, Cam Akers a fait son retour bien plus tôt que prévu, et il peut ainsi aider son équipe en playoffs. C’est un renfort de poids qui est capable de faire des différences par sa puissance. Les 2 fumbles perdus face aux Bucs semblent plus de l’ordre de l’anomalie, car il avait été extrêmement propre depuis le début de sa carrière NFL. Sony Michel lui n’est pas « flashy » mais c’est un coureur solide qui sait aller gagner les yards nécessaires. Il connaît déjà le Super Bowl puisqu’il avait été très bon lors de la victoire des Pats sur les Rams il y a 3 ans (94 yards, 1 TD).

Verdict : avantage Bengals


Receveurs

Les Bengals et les Rams offrent probablement deux des meilleurs groupes de receveurs de la ligue, ce qui nous promet une belle bataille aérienne pour ce Super Bowl LVI.

Du côté de Cincinnati, on peut parler de « big three ». Car si Ja’Marr Chase reçoit une bonne partie des louanges, Tee Higgins et Tyler Boyd sont deux autres WR très talentueux et capables de faire des différences. Probable lauréat du trophée de Meilleur Rookie Offensif, Chase s’est immédiatement imposé comme l’une des plus grosses menaces dans la profondeur en NFL. Il a ainsi battu le record de yards pour un rookie (1 455) en saison régulière, et détient déjà le record en playoffs (279). Sa connexion avec Joe Burrow, qui s’était crée à LSU, est dévastatrice. Plusieurs fois cette saison, Chase a tout simplement été impossible à stopper, avec notamment 2 matchs à plus de 200 yards. Mais lorsqu’il est bien pris, comme face aux Chiefs en finale de conférence, un autre WR peut prendre le relais pour les Bengals. Sans trop faire de bruit, Tee Higgins a lui aussi passé la barre des 1 000 yards cette saison (en manquant 3 matchs), et il a signé un match à plus de 100 yards à Kansas City. Quant à Tyler Boyd, il est une cible sûre dans le slot ou en redzone, et il a marqué lors de 4 des 6 derniers matchs.

Bengals WR
Le trio de WR des Bengals est particulièrement difficile à gérer

Si Robert Woods était présent, le trio des Rams pourrait largement rivaliser avec celui des Bengals. La plus grande menace de la franchise de Los Angeles est Cooper Kupp, qui domine le slot et qui est capable de gagner ses duels dans la profondeur. Leader de NFL en réceptions, yards et touchdowns, il est le 4ème joueur de l’histoire à s’adjuger la triple couronne. Et cette domination se poursuit en playoffs, avec déjà 2 matchs à plus de 100 yards, ce qui porte le total à 13 cette saison (record NFL), et 4 touchdowns. Encore plus inquiétant pour les adversaire des Rams, c’est la montée en puissance d’Odell Beckham Jr. Après un passage raté par Cleveland, le fantasque WR retrouve des couleurs à Los Angeles et surtout le niveau qui faisait de lui l’une des stars montantes de la ligue il y a quelques années. Il vient de signer son premier match à plus de 100 yards avec les Rams en finale de conférence, et il profite à merveille des 1 contre 1 crées par Cooper Kupp. Le 3ème WR, qui passe un peu sous le radar, est Van Jefferson. Il a terminé la saison avec 802 yards et 6 touchdowns et est très dangereux dans la profondeur grâce à des « routes » maîtrisées.

Verdict : match nul


Tight-ends

Les deux TE titulaires sont blessés au genou, et leurs statuts pour le Super Bowl sont un peu flous.

C.J Uzomah, qui est sorti lors de la finale de conférence, a retiré son attelle lors de la célébration après la victoire et il a déclaré qu’il ne manquerait pas le plus gros match de sa vie. On peut donc s’attendre à le voir sur le terrain même s’il n’est pas à 100%. Loin du niveau des meilleurs TE de la ligue, il est une arme parfois importante et a sorti plusieurs gros matchs cette saison. En cas d’absence, Drew Sample est le numéro 2 mais est plutôt un bloqueur.

Tyler Higbee est intrinsèquement le meilleur tight-end, même si ces performances ne sont pas toujours régulières. Il reste un bon receveur, qui est notamment dangereux en redzone. S’il ne peut pas jouer, Kendall Blanton serait le numéro 1 et il a montré quelques belles choses quand il a été appelé. Il aurait l’avantage direct sur le numéro 2 des Bengals.

Verdict : avantage Rams


Ligne offensive

S’il était compliqué de réellement dégager un avantage sur les différentes « skills positions », voici un secteur où une équipe est clairement plus forte.

Le problème n’est pas nouveau pour la ligne offensive des Bengals, qui est en difficulté depuis le départ d’un certains Andrew Whithworth… On reviendra plus tard sur lui. La faiblesse de la protection avait déjà couté cher la saison dernière, avec notamment la grosse blessure au genou de Joe Burrow, et le QB s’est encore pris des vagues cette année. L’OL de Cincinnati a ainsi alloué 55 sacks en saison régulière et 12 de plus en playoffs. Burrow a déjà réussi à échapper d’un match sur lequel il a pris 9 sacks (face aux Titans), mais cela ne peut pas se reproduire. Face à la redoutable ligne défensive des Rams, cela s’annonce compliqué pour la ligne offensive de Cincinnati.

Du côté de Los Angeles, la ligne offensive a fait partie du top 10 en NFL cette saison, même si elle a été parfois dominée. C’est donc possible d’aller mettre la pression sur Matthew Stafford. Pour revenir à Andrew Whitwhorth, il sera titulaire au poste de Left Tackle, faisant de lui l’un des rares joueurs de plus de 40 ans à démarrer un Super Bowl. Et avec Rob Havenstein à droite, ils forment une paire de Tackles très solide.

Verdict : avantage Rams


Ligne défensive intérieure

Difficile de lutter pour Cincy quand l’un des défenseurs les plus dominants de l’histoire joue en face.

La blessure de Larry Ogunjobi a été un coup dur pour les Bengals, car la recrue faisait un excellent travail au sol et même parfois en pass-rush intérieur. Mais la solidité est conservée car D.J Reader et B.J Hill jouent bien, notamment sur les phases au sol. Deux gros bébés, ils sont difficiles à bouger. Le seul bémol est donc un manque de profondeur en cas de pépins physiques ou de fatigue.

Comment faire mieux qu’une ligne défensive qui possède Aaron Donald, l’un des meilleurs joueurs de NFL toutes positions confondues. Le triple vainqueur du trophée de Meilleur Défenseur est une menace constante, et il passe sa vie à perturber la pocket et le backfield adverse. Sur certains matchs, il est capable de prendre les choses en main et de signer plus de 10 pressions à lui tout seul. Un monstre, accompagné d’autres clients, comme A’Shawn Robinson, qui excelle sur les phase de courses. L.A aligne l’une des meilleurs escouade de la ligue dans ce secteur.

Verdict : avantage Rams


Edge rushers

Deux groupes talentueux de pass-rushers vont s’affronter sur ce Super Bowl, avec des joueurs qui confirment en playoffs.

En recrutant Trey Hendrickson durant la dernière intersaison, les Bengals ont fait un joli coup. Le pass-rusher a confirmé sa belle saison 2020 chez les Saints en battant immédiatement le record de franchise à Cincinnati, avec 14 sacks en saison régulière. Et il continue de faire des différences en playoffs, avec 2.5 sacks en 3 matchs. A l’opposé, Sam Hubbard est également très bon, avec 3 sacks en playoffs déjà. Jusqu’à la fin de la saison, ce duo aurait eu l’avantage sur celui des Rams.

Mais la franchise de L.A a fait venir un renfort de poids à la mi-saison avec Von Miller. Et après quelques matchs d’adaptation, il a retrouvé son efficacité, celle qui a fait de lui l’un des meilleurs chasseurs de quarterbacks de la ligue. En plus du danger qu’il ajoute, il a permis à Leonard Floyd d’être encore plus libre à l’opposé. Et ce dernier a déjà prouvé qu’il était un bon finisseur (20 sacks sur les deux dernières saisons).

Von Miller Rams
L’addition de Von Miller apporte une dimension supplémentaire au pass-rush des Rams

Verdict : avantage Rams


Linebackers

Soyons clairs, les linebackers sont les points faibles en défense pour les deux équipes. Il y a donc quelque chose à exploiter au centre du terrain lors de cette finale.

Cincinnati galère depuis plusieurs saisons à trouver la solution au cœur de sa défense, même si le duo de cette année n’est pas si mal. Logan Wilson s’avère être opportuniste en couverture, avec 4 interceptions en saison régulière (leader de franchise) et 1 autre en playoffs. Et Germaine Pratt possède un volume de jeu intéressant, et il a lui aussi signé une interception en playoffs, pour sceller la victoire face aux Titans. A eux deux, ils cumulent 51 plaquages en 3 matchs.

Du côté des Rams, seul Troy Reeder inspire un peu confiance, et ses stats sont excellentes sur le papier cette saison avec 91 plaquages et 2 interceptions.  Mais il est régulièrement visé dans le jeu aérien et les équipes adverses ont compris que cette zone était la faiblesse de cette défense.

Verdict : avantage Bengals


Cornerbacks

Cette position sera clé dimanche pour contenir les redoutables attaques aériennes.

Lors de certains matchs cette saison, le groupe de cornerbacks de Cincinnati a été très moyen. Sur d’autres il a été impressionnant. Ça a notamment été le cas sur les 2 premiers matchs de playoffs, avec par exemple 3 interceptions sur Ryan Tannehill. Les lignes secondaires des Bengals se montrent également décisive avec 3 interceptions cruciales sur les 3 fins de matchs en playoffs. Mike Hilton est surement le CB le plus régulier, et il devra être au top sur cette finale pour tenter de contenir Cooper Kupp sur le slot. Bon pendant la saison, Chidobe Awuzie manque un peu ses playoffs et Eli Apple peut être pris à défaut sur l’extérieur, mais fait globalement le boulot. Il n’est pas évident de savoir quoi attendre de ce groupe.

Pour L.A, un joueur fait la différence et fait pencher la balance, il s’agit du All-Pro Jalen Ramsey. Encore excellent cette saison, il a terminé leader de l’équipe en interceptions (4) et en passes déviées (16). Véritable référence en NFL, il est tout à fait capable de s’occuper seul de Ja’Marr Chase et de limiter son impact. Cela permettrait au reste des lignes secondaires, qui manquent de profondeur du fait de blessures, de se concentrer sur les autres receveurs. Il faudra aussi que Darious Williams tienne la baraque face à Tee Higgins notamment.

Verdict : avantage Rams


Safeties

Cette saison, le duo de Safeties des Bengals a fait partie des meilleurs de NFL. Jessie Bates s’affirme comme l’une des références à ce poste et Vonn Bell a également eu un impact très positif. Les deux joueurs ont d’ailleurs fait fusionner leurs qualités pour signer l’interception décisive en prolongation sur Patrick Mahomes en finale de conférence. Capables de patrouiller dans la profondeur ou d’aider les cornerbacks et les linebackers, ils auront des rôles clés pour contenir l’attaque des Rams ce dimanche. On devrait ainsi souvent voir l’un des deux venir aider Mike Hilton sur Cooper Kupp.

Les blessures handicapent sérieusement ce secteur chez les Rams, car Jordan Fuller sera absent et Taylor Rapp est incertain. Ce dernier n’a pas joué encore pendant les playoffs, mais il a une chance de revenir pour la finale. Ce serait un retour important pour la défense de L.A, car Rapp a signé 4 interceptions pendant la saison régulière. Le retour d’Eric Weddle, qui est sorti de sa retraite pour aider les Rams en playoffs, fait du bien, mais son duo avec Nick Scott n’est pas le plus intimidant.

Verdict : avantage Bengals


Équipes spéciales

Ces playoffs nous offrent des matchs particulièrement serrés depuis le Divisional Round, et ce Super Bowl LVI pourrait ainsi se jouer sur un coup de pied.

Difficile de faire mieux qu’Evan McPherson. Le kicker rookie continue de faire sensation avec des playoffs parfaite jusqu’ici. Il affiche ainsi un 16/16 au pied, dont un 12/12 sur les field-goals. Encore mieux, il a réussi deux coups de pied décisifs qui ont donné la victoire à son équipe, à Tennessee et à Kansas City.

Ce n’est pas mal non plus pour les Rams, qui peuvent compter sur Matt Gay, sélectionné au Pro Bowl cette saison. Le kicker affiche un 16/18 au pied durant les playoffs, avec 2 fields-goals manqués. Il est un joueur sûr. La présence de Johnny Hekker au poste de punter est également un plus.

Verdict : match nul


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